Best of : Radio numérique : succès garanti ?
diffusion offrira aux stations nationales une couverture du territoire totale, alors qu’elle n’est que de 75% actuellement.
Pourtant, dans un contexte où la couverture en Internet haut débit fixe et mobile ne cesse de s’étendre, le succès de la radio numérique n’est pas joué d’avance : elle devra trouver sa place entre la radio FM, dont la fin est loin d’être annoncée, et les radios sur Internet dont l’utilisation ne cesse de croître et l’offre de s’élargir.
Des français à égalité quant à l’offre de programmes radiophoniques.
La radio numérique présente de nombreux avantages en termes d’accessibilité, de confort et d’interactivité notamment.
Tout d’abord, la Radio Numérique Terrestre devrait mettre un terme aux grésillements et autres parasites venant fréquemment perturber les ondes de la bande FM. En effet, avec un son codé numériquement, la nouvelle technologie bénéficie d’une qualité sonore supérieure aux technologies analogiques.
De plus, la RNT intègre une dimension multimédia et propose une offre de services enrichie grâce aux écrans LCD, dont sont équipés les récepteurs de radio numérique. Ceux-ci donnent accès à un certain nombre d’informations comme l’album, le titre, l’interprète de la chanson… et pourquoi pas, à terme, à de la publicité. D’autres services, gratuits, tels que la météo, le cours de bourse ou encore l’état du trafic, seront également proposés.
Un autre avantage de la radio numérique : la possibilité d’accéder simplement et au moment voulu à ses programmes grâce au time shifting audio qui permet la mise en pause et la reprise des flux, ou encore grâce à la sélection des radios par le nom et non par la fréquence.
Enfin, plus qu’un avantage, un enjeu pour les 30% de français qui reçoivent moins de 10 programmes radiophoniques : la radio numérique garantira une couverture totale du territoire, permettant à l’ensemble des français d’être à égalité face à l’offre de programmes radiophoniques, du moins en ce qui concerne les radios nationales. Notons que, si la radio numérique pourra donc, dès son lancement, élargir l’offre radio de certains français, elle ne bouleversera pas pour autant le paysage radiophonique existant comme a pu le faire la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Le passage au numérique consistera surtout, dans un premier temps, à la reproduction à l’identique des stations existantes. Toutefois, en mettant fin au problème d’une bande FM saturée et en rendant possible la diffusion de plusieurs radios sur une même fréquence, on peut imaginer qu’à l’avenir la radio numérique sera un vecteur de nouveaux projets et offrira un choix de programmes plus large à ses auditeurs.
Des investissements, plus ou moins lourds, pour les auditeurs et les radios.
Si la radio numérique présente des avantages non négligeables, il n’en reste pas moins qu’elle nécessitera que chaque auditeur s’équipe en radio numérique. A compter de 6 radios en moyenne par foyer, le renouvellement du parc risque de prendre un certain temps, une dizaine d’années selon les dernières estimations, d’autant que le coût d’un récepteur est estimé, au lancement, entre 100 et 250 euros. Trois étapes ont été prévues pour accélérer l’équipement des foyers. Au 1er septembre 2010, les postes de radio équipés d’un écran d’affichage devront tous être équipés d’un tuner numérique. Deux ans plus tard, en septembre 2012, tous les baladeurs, téléphones mobiles et autres GPS basculeront vers le numérique. Enfin, en 2013, ce sera le tour des autoradios.
Pour permettre le renouvellement indispensable du parc, aucune date d’extinction de la radio analogique n’a été annoncée, contrairement à la télévision analogique dont la fin est prévue à l’automne 2011. La difficulté pour les radios sera alors d’assurer financièrement, pendant une période indéterminée, la cohabitation entre radios numérique et analogique.
Outre le surcoût lié à cette diffusion en parallèle des programmes, le passage au numérique contraindra les radios à renouveler leur équipement mais aussi à passer par un nouveau prestataire technique, le multiplexeur, chargé de coordonner la diffusion de programmes sur une même fréquence.
Si les grandes radios nationales ont les moyens financiers d’assumer ce transfert, ce ne sera pas toujours le cas pour les plus petites stations et les radios associatives. D’ailleurs, ces dernières ont sollicité une aide de 16,5 millions d’euros pendant huit ans auprès du gouvernement pour leur permettre de réaliser les investissements techniques nécessaires en matière de diffusion (de l’ordre de 30 000 euros par an par station pour une diffusion en T-DMB).
Encore quelques étapes à franchir avant l’accès à la radio numérique par tous les français.
En 2007, le choix de l’utilisation de la technologie T-DMB (Terrestrial Digital MultiMedia Broadcasting), qui permet de diffuser de la vidéo associée à l’audio, comme norme de diffusion numérique en France fut un accélérateur dans le déploiement de la RNT, déclenchant le lancement des premiers appels aux candidatures en mars 2008. Fin mai 2009, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a retenu, dans le cadre de ce premier appel à candidatures, 160 stations dont 120 existantes parmi les 358 dossiers de candidature pour couvrir, non pas 19 zones en France comme prévu initialement, mais 3 agglomérations que sont Paris, Nice et Marseille. Parmi les stations sélectionnées, qui seront les premières à être diffusées en mode numérique vraisemblablement d’ici fin 2009, figurent les radios de la bande FM mais également de nouveaux entrants proposant des programmes autour du sport (Europe 1 Sport et RTL-L’Equipe), de l’information généraliste (LCI Radio), de la vie communautaire, de la musique et des programmes pour préadolescents. D’autres appels à candidatures devraient être lancés périodiquement dès la fin de l’année jusqu’à la fin 2013 afin d’étendre la couverture à l’ensemble du territoire français.
A supposer que la radio numérique fasse son apparition, comme prévu, fin 2009, se pose la question de savoir si elle rencontrera le même succès que la télévision numérique terrestre (TNT), à laquelle 65,9% des foyers ont accès en mars 2009. Au vu des contraintes financières que le nouveau mode de diffusion impose, la réponse ne semble pas si évidente. Ajoutons à cela le fait que la radio FM ne disparaitra pas dans un futur proche, et que les radios sur Internet sont de plus en plus plébiscitées. Dans ce contexte de concurrence accrue entre radio analogique, sites internet, webradios et bientôt radio numérique, la nouvelle technologie continue de faire débat notamment parmi les 700 radios associatives françaises qui exploitent actuellement un tiers des fréquences FM et des doutes subsistent quant à l’empressement des auditeurs à rééquiper leur foyer.
Dans ces conditions, la radio numérique saura-t-elle faire oublier nos bons vieux postes de radio ou viendra-t-elle en complément de la radio traditionnelle ? A nos yeux, seul l’arrêt annoncé de la radio analogique saurait garantir un basculement massif des auditeurs vers la radio numérique.
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juillet 2009 |



