Best of : La télévision en 3 dimensions bientôt sur vos écrans

tv-3d-copy

Durant l’été, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir certains articles “à succès” publiés cette année sur le blog Télécoms & Médias.

Après la couleur, le numérique et la Haute Définition, la télévision devrait prochainement s’inviter dans nos salons en trois dimensions. Pour le moment, c’est davantage dans les grands salons (professionnels) que la nouvelle technologie est à l’honneur. Ainsi, en janvier

2009, au salon CES de Las Vegas, de nombreux groupes spécialisés dans l’électronique grand public, tels Samsung et Panasonic, ont mis en scène leur téléviseur 3D.

En mars, au salon Sat Expo, à Rome, c’est au tour d’Eutelsat de participer en direct aux démonstrations HD-3D par satellite en projetant, en HD-3D stéréo, sur un écran de cinéma et sur des prototypes de téléviseurs HD-3D stéréo, un spectacle musical filmé en direct et transmis sur la capacité du satellite EUROBIRD™ 3 d’Eutelsat. Même le festival de Cannes n’échappera pas cette année au phénomène 3D puisque la 62ème édition s’ouvrira, pour la première fois, avec un dessin animé américain en 3D relief, « Là-haut » des studios Pixar.

Toutefois, alors que le relief apparaît comme la grande tendance du moment, sa mise en place effective n’est pas si simple et son utilisation ne devrait pas se démocratiser avant plusieurs années. En effet, un tel service de télévision implique la maîtrise des différents éléments de la chaîne stéréoscopique, acquisition, transmission, réception et qualité des images, et nécessite des investissements de la part des différents acteurs du marché de l’audiovisuel.
Où en est-on de la technologie 3D pour la télévision ? Quels sont les principaux freins à la mise sur le marché de l’offre ?

Une forte sensibilisation des industriels aux technologies de vue en 3D

La télévision en relief ou en 3 dimensions est un système de télévision permettant aux téléspectateurs de percevoir le relief des scènes observées. A ce jour, nombreux sont les industriels qui réfléchissent à des solutions adaptées au petit écran. Le système le plus fréquemment utilisé pour le moment est le système stéréoscopique classique. Il consiste à capturer deux vues d’une même scène, une pour chaque œil. L’effet relief est obtenu à l’aide d’un dispositif, par exemple des lunettes, destiné à séparer les vues gauche et droite lors de la visualisation pour que chaque œil ne reçoive que la vue qui lui est destinée. L’ensemble Home-Cinéma 3D et Full HD, présenté par Panasonic lors du Salon CES de Las Vegas, s’appuie sur cette technologie. Pour diffuser des images en 3D, le téléviseur plasma de 103 pouces de diagonale (2,61 mètres) enregistre et décode les images suivant deux canaux : l’un pour l’œil droit, l’autre pour l’œil gauche. Les deux canaux sont ensuite envoyés sous la forme d’un flux vidéo unique et haute définition au téléviseur. Les utilisateurs doivent porter des lunettes spécifiques synchronisées à ce système « 3D FHD » afin de pouvoir visionner films et programmes en trois dimensions.

L’autre système sur lequel s’appuie la télévision en relief a l’avantage de ne pas nécessiter le port de lunettes puisque la séparation des deux images se fait au niveau de l’écran et que le cerveau reconstruit ensuite l’image en trois dimensions. Il s’agit du système autostéréoscopique. Philips et le constructeur français Alioscopy sont particulièrement en pointe sur cette technologie en proposant des écrans LCD lenticulaires pouvant restituer des images en 2D ou en relief. Chaque image affichée à l’écran est en réalité composée de plusieurs images, huit pour Alioscopy et neuf pour Philips, représentant autant de points de vue très proches mais distincts de la scène. Le fait de présenter plus de deux points de vues d’une même scène est un gage de confort pour le téléspectateur qui n’a pas besoin de se tenir à un endroit bien précis face à l’écran s’il veut éviter de désagréables sensations de nausée.

Une offre de contenus encore limitée

Pourtant, le fait que les technologies semblent de plus en plus au point ne suffit pas à proposer une offre de télévision en relief. En effet, il est impératif que le contenu soit spécialement adapté à cette technologie. C’est alors toute une industrie qui doit se mettre en place pour alimenter ces téléviseurs en programmes et mettre au point, entre autres, caméras adaptées à la 3D permettant d’enregistrer plusieurs points de vue simultanément, logiciels convertissant les émissions traditionnelles en images en relief ; sans oublier la nécessité de réécrire les scripts afin d’intégrer, sans trop exagérer tout de même, les effets 3D.

Si la télévision tarde à s’intéresser à la technologie d’affichage 3D, l’industrie du cinéma se lance véritablement dans l’aventure. Les studios Walt Disney ont fait part de leur volonté de numériser leurs dernières productions pour leur offrir la troisième dimension. La plupart des majors américaines ont annoncé que leurs prochains films d’animation longs-métrages seraient en relief. Le fait que les studios s’attaquent en priorité aux films d’animation est lié à la possibilité d’automatiser le calcul pour enregistrer plusieurs points de vue simultanément, ce qui n’est pas possible dans le cas des vidéos réelles pour lesquelles il faut en théorie autant de caméras que de points de vue souhaités. Au final, à partir d’avril 2009, un film 3D pourrait bien sortir chaque semaine parmi lesquels « Monsters v. Aliens » et « Shrek 4 » des studios DreamWorks Animation, « Avatar » de James Cameron…

tv-3d-copy-2

Selon Philippe Delbary, responsable du projet de télévision 3D de France Telecom, les grands studios de cinéma ont tout intérêt à investir dans la 3D puisque « le surcoût par rapport à un film d’animation est seulement de 5% à 10% pour des recettes supérieures à la version du film sans relief. Mieux, il ne sera pas possible de pirater ces films dans les salles de cinéma !» puisque ces films, composés de plusieurs images entrelacées, ne peuvent pas être enregistrés avec un caméscope.

France Télécom a d’ailleurs lui aussi décidé de tenter l’expérience de la 3D, de manière à pénétrer le marché de l’audiovisuel français en s’appuyant sur les nouvelles technologies. En mai 2008, Orange profite du tournoi de tennis de Roland Garros pour réaliser l’un des tous premiers tests de diffusion en direct et en 3D. Le test est limité géographiquement (captation sur le cours Suzanne Lenglen, rediffusion dans ses agences Champs Élysées et Paris Madeleine), et fonctionne sur quelques prototypes de téléviseurs 3D nécessitant des lunettes polarisées. Si l’opérateur avait initialement annoncé la mise au point d’une technologie ne nécessitant pas le port de lunettes, il semble s’orienter aujourd’hui vers une offre, en option aux clients La Fibre et ADSL/satellite d’Orange, exigeant le port d’une paire de lunettes appropriée, en plus d’un décodeur Haute Définition et d’un téléviseur adéquat.

En matière de programmes télévisés, seules les chaînes japonaises et américaines réalisent de véritables programmes pouvant être lus en trois dimensions. Au Japon, la télévision publique NHK diffuse des émissions en relief une heure par jour. Aux Etats-Unis, la NBA, la ligue américaine de basket-ball, a décidé d’enregistrer tous les matchs en 3D. De plus, lors de la finale du Championnat de la National Football League (NFL), les studios Dreamworks et la marque de soda Pepsi ont conçu chacun une publicité en trois dimensions. Pour les regarder, il suffisait de récupérer une des 125 millions de paires de lunettes, mises à disposition gratuitement dans des supermarchés.

Un renouvellement du parc de téléviseurs indispensable à la diffusion de la technologie

Enfin, un autre frein au déploiement de la technologie : le renouvellement du parc de téléviseurs. Si les prix des téléviseurs 3D sont moins élevés que ceux des écrans plasma ou des écrans HD à leur lancement, les clients qui, pour la plupart, viennent tout juste d’acheter un nouveau téléviseur Haute Définition ne sont pas prêts à débourser entre 4 000 euros et 9 000 euros pour des écrans 24 ou 42 pouces d’Alioscopy ou de Philips. Ainsi, les experts estiment qu’il faudra entre quatre et sept ans pour renouveler le parc de téléviseurs et que la 3D offrira aux industriels de l’électronique un nouveau relais de croissance d’ici environ cinq ans.

Certes, plusieurs contraintes demeurent, notamment en termes de contenus, et de nombreuses questions restent en suspens autour de la volonté des industriels d’investir massivement dans cette nouvelle technologie, de la nécessité de revoir la chaîne de production ou encore de l’intention du téléspectateur à modifier ses habitudes télévisuelles et à intégrer cette nouvelle façon de regarder la télévision. Toutefois, la voie de la télévision en 3D semble bel et bien ouverte comme en témoigne la création de divers organismes comme le consortium 3D@Home (réunissant, entre autres, Intel, Philips, Samsung, Sony, Walt Disney, Universal Studios) qui travaille à l’élaboration des futurs standards de la 3D à la maison. Pour finir, notons que les applications 3D destinées au grand public ne devraient pas se limiter à la télévision, loin de là. Alors qu’elles existent déjà dans le secteur des jeux vidéos et du cinéma, elles ne devraient pas tarder à investir les secteurs de la photographie et de la téléphonie, avec le lancement d’appareils photos numériques, de cadres photos en relief ou encore de mobiles à affichage 3D.


Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer août 2009

Poster un commentaire

*
Merci de recopier ci dessous le mot situé dans l'image. (Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'entendre)
Click to hear an audio file of the anti-spam word