Twitter : mini messages, maxi succès

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What are you doing? Telle est la question à laquelle répondent les membres de Twitter, le réseau social qui crée le buzz sur Internet un peu partout dans le monde. Avec 6 millions de membres dont 70% se sont inscrits en 2008, de 5000 à 10000 nouveaux comptes chaque jour et un volume d’activité en hausse de 900% en 2008, Twitter séduit tant les professionnels que le grand public. En quoi consiste ce réseau social ? Comment expliquer son succès ?

Lancé en 2006, à San Francisco, Twitter est un réseau social fonctionnant sur le modèle de micro-blogging. Simple et gratuit, il permet à un utilisateur d’envoyer des messages, les « tweets » (gazouillis en anglais) à qui souhaite les recevoir si l’utilisateur spécifie son compte en public ou uniquement à son réseau s’il le spécifie en privé. Envoyés depuis un mobile ou un ordinateur, ces messages sont ensuite lus, en temps réel, par des membres qui suivent l’utilisateur, les « followers ». La particularité du service, à mi-chemin entre le blog et la messagerie, réside dans la limitation de chaque commentaire à 140 caractères.

A première vue, ce nouveau réseau social peut laisser perplexe, renvoyant au SMS ou encore à la mise à jour de son statut sur Facebook. Pourtant, les nouveaux membres affluent et se prennent vite au jeu, défendant un service innovant et intéressant à expérimenter.

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Le succès de Twitter s’explique par la multiplicité des usages que l’on peut en faire, usages reposant toujours sur l’instantanéité et la simplicité. Si les uns l’utilisent pour mettre en scène leur vie quotidienne, d’autres l’utilisent comme une messagerie ou comme un moyen d’envoyer des SMS gratuitement. Mais plus qu’un service de SMS communautaire, Twitter est devenu un moyen de faire circuler et d’avoir accès à l’information très rapidement, plus qu’avec les médias traditionnels et les moteurs de recherche classiques. C’est particulièrement lors des attentats de Bombay en novembre 2008 ou de l’amerrissage d’un avion dans l’Hudson en janvier 2009 que le site a pris toute sa dimension en s’imposant comme canal de communication efficace pour l’organisation des secours et l’envoi d’alertes dans le monde entier. Ainsi, si vous vous posez une question à propos de n’importe quel sujet, il suffit que vous la posiez sur Twitter pour que l’un de vos « followers » vous réponde quasi instantanément. Notons également que l’outil est de plus en plus utilisé par les sites d’information, comme CNN, le Nouvel Observateur ou encore la BBC, qui se déclinent sur Twitter afin de permettre à leurs lecteurs de recevoir des flashs d’information en temps réel. 

Politique, show-business, médecine, commerce, astronomie, les initiatives ne manquent pas, des plus sérieuses aux plus insolites. Barack Obama, Britney Spears ou encore Lance Armstrong exploitent Twitter pour entretenir une relation privilégiée avec leur public. Récemment, une boulangerie londonienne a décidé de proposer à ses clients de les avertir via Twitter quand leur pain vient de sortir du four ! Le succès est tel que même le siège du gouvernement s’y est abonné. Dans le monde médical, une opération chirurgicale a été retransmise sur Twitter dans un hôpital du Michigan afin de rendre compte de son avancement. Quant à la NASA, elle a lancé le compte Twitter de l’astronaute Mike qui tient informé les internautes de chacune des étapes de son entrainement préparatoire à une mission dans l’espace. Autre initiative, pour le moins inattendue, la publication d’un ouvrage relatant les 4100 tweets émis par un blogueur anglais. Sans grand intérêt, cet ouvrage aura eu le mérite de faire découvrir la maison d’édition spécialisée en littérature moderne et alternative dirigé par le créatif blogueur !

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Si l’outil est ludique, pratique mais également utile, il pose évidemment les mêmes questions que ses consorts Facebook, Linkedln, etc. . Usurpation de l’identité, désinformation, indélébilité des informations laissées sur le Net, théâtralisation de soi, hyperciblage publicitaire… Autant de manifestations, parfois dangereuses, auxquelles les internautes doivent penser s’ils ne veulent pas faire les frais d’une humiliation publique ou même d’un licenciement comme ce fut le cas pour Connor R., une étudiante de l’université de Californie à Berkeley, devenue la première personne licenciée le jour de son embauche à cause de Twitter. La jeune femme, qui venait d’être embauchée par Cisco, avait décidé d’annoncer la bonne nouvelle à ses « followers ». Malheureusement, le message, très peu flatteur à l’égard de son nouveau poste, a été lu par l’un des collaborateurs de l’entreprise puis s’est répandu dans le monde entier en l’espace de quelques heures. Ce genre d’anecdotes, de plus en plus fréquent, rappelle une fois de plus l’indispensable nécessité de contrôler son image sur Internet, et notamment sur les réseaux sociaux. Twitter, en l’occurrence, est un site public et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à l’utiliser comme un outil de veille.

Enfin, comme c’est le cas de nombreux sites Internet et notamment des réseaux sociaux, Twitter n’a pas encore défini de business model stable et ne génère pas de chiffre d’affaires faute de ne pas avoir monétisé son audience. Devant son succès grandissant, les grands groupes Internet se montrent de plus en plus intéressés par le réseau de mini-messages. Après Facebook qui avait proposé l’an dernier  500 millions de dollars pour racheter Twitter, c’est au tour de Google de partir à l’assaut du site en proposant 250 millions de dollars. Aujourd’hui, les fondateurs de Twitter assurent que leur site n’est pas à vendre. En revanche, ils réfléchissent à une stratégie pour développer des contenus payants, à commencer par le lancement d’une formule payante à destination des professionnels.

Suscitant un réel engouement en moins de trois ans, Twitter a su trouver un positionnement original, reposant sur l’instantanéité, la simplicité et la valorisation de soi, pour devenir la vedette Internet du moment. Néanmoins, une étude récente du cabinet Nielsen Online a indiqué que plus de 60% des utilisateurs de Twitter ont cessé d’utiliser le site de micro-blogs un mois après l’avoir rejoint. Le site devra donc non seulement continuer d’attirer des utilisateurs mais surtout parvenir à les fidéliser. Or la tâche risque de ne pas être aisée puisque le service de mini-messages pourrait très rapidement être copié par les géants des réseaux sociaux. D’ailleurs, face à la montée en puissance de Twitter, Facebook a déjà déployé en mars dernier une nouvelle page d’accueil faisant la part belle au temps réel en proposant une mise à jour instantanée des flux d’activités sans avoir à rafraîchir les pages. Le site aux 200 millions de membres et dont le succès repose sur le fait qu’il ait su regrouper les fonctionnalités des autres outils sociaux (découvreur d’amis, messagerie instantanée, blog, partage de vidéos…) n’est pas prêt à faire de la place au nouvel entrant.


Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer mai 2009

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