Cloud Computing : La France Met le turbo

lucie-klein Cet article a obtenu le neuvième prix du Concours étudiant Génération mobilité, organisé par Sia Conseil et Orange, en partenariat avec Le Figaro.fr

Son marché croît de 27% par an et pèsera 42 milliards de Dollars d’ici 2012. Son nom surfe sur toutes les lèvres dans les Directions des Systèmes d’Information : le « Cloud Computing » est présenté par les uns comme une révolution comparable à l’arrivée de l’informatique et

par les autres comme le plus gros effet de mode depuis la bulle internet.

Son marché croît de 27% par an et pèsera 42 milliards de Dollars d’ici 2012. Son nom surfe sur toutes les lèvres dans les Directions des Systèmes d’Information : le « Cloud Computing » est présenté par les uns comme une révolution comparable à l’arrivée de l’informatique et par les autres comme le plus gros effet de mode depuis la bulle internet. Pourtant, le pari est lancé : sur un marché dominé par l’Amérique du Nord, la France prépare sa réplique.

Concrètement, pour une entreprise, « l’informatique en nuage », c’est l’externalisation de la salle informatique vers ce « nuage », un intranet ou Internet. Les ressources informatiques sont alors disponibles « as a service » (« aaS », « tel un service ») pour les utilisateurs via une connexion au réseau. Ainsi, les logiciels (messagerie électronique, traitement de texte ou tableur), les plateformes de développement (.Net, Java) et les infrastructures informatiques (stockage, puissance de calcul) peuvent être virtualisées.

Les caractéristiques clé de ce type de gestion du Système d’Information sont la mutualisation et le payement à l’acte. D’abord, la mutualisation des ressources consiste à regrouper la partie physique des salles informatiques (les ordinateurs, pour simplifier) dans de grandes « fermes de serveurs ». Elle permet d’augmenter le taux d’utilisation de ces ressources, donc leur rendement, réalisant de sensibles économies d’énergie. Ainsi, le centre clients IBM de Montpelier, qui à mis en œuvre une solution de « Cloud Computing » en interne, a vu le taux d’utilisation de ses ressources multiplié par 4 et sa facture d’électricité allégée de 25%. De plus, ce mode de fonctionnement est élastique. Comme les machines physiques sont remplacées par des machines virtuelles, leur capacité augmente ou diminue au gré des besoins de l’utilisateur. Enfin, le taux de défaillance est quasi nul puisqu’en cas de panne sur un appareil du centre de serveurs, les machines virtuelles qui lui sont liées sont transférées vers un autre appareil en état de marche au sein du même centre. Ensuite, l’argument du payement à l’acte a favorisé l’émergence de « l’informatique en nuage ». L’investissement en matériel informatique et en licences pour les divers logiciels utilisés dans l’entreprise est remplacé par un provisionnement et une facturation à l’usage – le rêve pour des entreprises dont la survie dépend de l’aptitude à rationaliser les coûts en ces temps de disette.

Indéniablement plus flexible que celui de la salle informatique classique, ce système soulève cependant de nombreuses questions. Comme le montre l’histogramme ci-contre, la sécurité des données et la disponibilité des services sont les principales préoccupations des Directeurs de Systèmes d’Information. En effet, malgré les techniques actuelles de cryptage permettant d’assurer la confidentialité absolue des données, les entreprises sont inlassablement réticentes à placer des informations sensibles sur un réseau partagé. Par ailleurs, une entreprise privée de son outil de travail perd de l’argent. Il est donc crucial que les services « en nuage » restent opérationnels à tout moment, ce qui est loin d’être acquis. Ainsi, aux éventuels problèmes de connexion au réseau s’ajoutent des irrégularités dans la disponibilité des services. Actuellement, la plupart des contrats imposent aux services « cloud » d’être accessibles au moins 99,5% du temps – une imperfection qui représente 50 heures de travail perdu sur mille.

Dans ce marché en plein essor, la France peine à se faire une place. Les offres balbutiantes d’Orange, de Dassault Systèmes et de Thalès ne parviennent pas à rivaliser avec les services bien plus aboutis des Américains Amazon ou Google qui compte actuellement plus de deux millions d’entreprises parmi ses clients. Pourtant, un cap pourrait bien être franchi cette année. En effet, François Fillon a affirmé le 18 janvier dernier que « l’informatique en nuage constitue […] un enjeu absolument majeur pour la compétitivité de nos économies, pour le développement durable et même, j’ose le dire, pour la souveraineté de nos pays. ». Le ton est donné, les champions hexagonaux vont devoir redoubler d’effort dans les solutions qu’ils proposent et l’Etat va les y aider : 700 millions d’euros sur les 4,5 milliards du Grand Emprunt National doivent servir à financer le développement du « Cloud Computing ». On peut donc s’attendre, pour l’année à venir, à une déferlante d’offres à destination des entreprises et, pourquoi pas, du grand public.

Lucie KLEIN Université de Strasbourg et Jérémy REISS EDHEC

chart-lucie-klein 


Commenter Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer juin 2010

Poster un commentaire

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Click to hear an audio file of the anti-spam word