Vers un retournement de cycle pour les opérateurs ?
consommation en Europe Occidentale inquiètent les spécialistes et demande une adaptation de l’industrie face au retournement du marché.
Annonce des résultats en Europe et en France
La publication des chiffres d’affaires des opérateurs européens montre un fléchissement du marché. En Europe du Nord, la plus grosse baisse est enregistrée par le norvégien Telenor avec 4,5%, celui du belge Belgacom diminue de 2% et celui de Vodafone de 0,2%. A l’annonce de BT d’une baisse de 35% de son bénéfice net, le groupe dévisse de 11% et atteint son plus bas niveau depuis 2004.
En Europe du Sud, une partie de l’actionnariat de Telecom Italia envisage de céder sa participation tant les perspectives de croissance sont limitées. Quant au marché espagnol, il pénalise fortement l’activité du groupe Vodafone et a fait chuter son action de 14%.
Cette baisse concerne aussi les équipementiers, Nokia prévoit une baisse de 10% pendant que Sony Ericsson supprime 13% de ces effectifs suite à une chute de son bénéfice net de 97%.
Les opérateurs français ne sont pas épargnés. En France, les résultats de SFR ont été décevants. L’opérateur n’a attiré que 14.000 nouveaux clients, contre 70.000 l’année précédente. Le chiffre d’affaires, à périmètre constant, baisse quant à lui de 0,3%. L’activité ADSL du groupe profite de l’achat de 9Cegetel et progresse de 7,6%.
Certains opérateurs tirent leur épingle du jeu. Telefonica prévoit une hausse de son chiffre d’affaires de 6 à 8% en Espagne et France Telecom annonce de bons résultats poussés par les marchés matures principalement (hausse de 3% du chiffre d’affaires en Europe Occidentale). Ainsi, l’activité mobile d’Orange a conquis 3,9% de nouveaux clients mobiles en France. Les perspectives à l’international sont bonnes, notamment en Afrique où le parc client mobile est en hausse de 42,5%.
Les opérateurs européens, ayant une forte dépendance du chiffre d’affaires à l’activité mobile, sont impactés plus durement par la crise économique. Cependant, les opérateurs mobiles proposant une largeur de gamme importante et des offres convergentes obtiennent de bons résultats.
Un changement de mode de consommation
Ces chiffres montrent également de nouvelles tendances de consommations :
- le prix est le critère essentiel. Les ménages sont à la recherche d’économies et disposent de peu de leviers d’action. Ils peuvent agir soit sur l’abonnement en passant en prépayé ou en compte bloqué à la fin de la durée d’engagement, soit garder le même mobile et repousser le moment du renouvellement du terminal
- l’internet mobile et les fonctionnalités multimédias sont primordiales à l’heure de l’iPhone et du décollage du marché data. Les clients vont s’orienter vers des offres d’abondance et accepter le tarif élevé.
Les opérateurs, ont stabilisé les prix des abonnements à 29€ sur l’ADSL et la moyenne de l’ARPU mobile est à 35€. Bien qu’ils possèdent des revenus récurrents liés aux abonnements mobiles et à l’accès à l’Internet, ils devront faire évoluer leurs offres. La demande passe progressivement vers le « trading up / trading down » et s’extrêmise soit dans des offres low-cost, soit dans des offres haut de gamme.
Considérées pendant de nombreuses années comme des valeurs refuges, les entreprises des télécoms se synchronisent progressivement sur les cycles économiques. En Europe occidentale, les opérateurs subissent une pression sur les prix de la part des clients et du gouvernement. La crise économique crée le doute chez les investisseurs, impactant les résultats financiers des opérateurs. Ceux ayant choisi une stratégie offensive de séduction distribuent des dividendes supplémentaires pour attirer les investisseurs et maintenir leurs cours alors que d’autres rachètent leurs actions pour compenser les pertes en Bourse.
Le risque est que les opérateurs manquent de liquidités et qu’ils retardent le déploiement des réseaux de la fibre optique (FTTX) primordial pour le passage au Très Haut Débit et pour relancer le marché des FAI entrant à maturité et les technologies de quatrième génération mobile (Wimax ou LTE).
La période de crise et d’incertitude dans laquelle nous entrons sera propice à des rachats et de consolidations pour ceux ayant gardé des marges de manœuvre financières ou résistant le mieux à la crise.
Sia Conseil, 2008
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juillet 2008 |



